Quelques anecdotes de terrain en Alsace
Ce n’est pas un mythe de sommelière : il m’a été donné de découvrir, au détour d'une dégustation chez un collectionneur à Marlenheim en janvier dernier, un lot de pinot gris 2005 littéralement « gelé » dans sa bouteille, les bouchons légèrement sortis et un dépot de tartre impressionnant, conséquence d’un hiver exceptionnellement rigoureux qui avait fait « piquer du nez » le thermomètre de la cave familiale. Résultat : à la dégustation, un vin figé, sans relief, lui qui, élevé classiquement, aurait pu offrir la complexité attendue après près de vingt ans de garde.
Sur le terrain, des vignerons expliquent devoir déplacer d’urgence leurs bouteilles dans la partie la moins exposée de leur cave lors des nuits les plus froides, ou isoler leurs caves par des portes épaisses — preuve que même chez les professionnels, l’affaire n’est jamais gagnée.