Un Bordeaux rouge corsé : qui est-il et pourquoi sa température compte tant ?
Servir un grand Bordeaux rouge corsé, c’est donner la scène à l’un des acteurs principaux de votre table de Noël. Mais ici, la mise en température fait toute la différence entre prestation magistrale et rôle joué à moitié. Un Bordeaux rouge corsé, c’est souvent un vin issu d’un assemblage dominé par le cabernet sauvignon, plus rarement cabernet franc, où le merlot vient arrondir la structure, mais où la colonne vertébrale reste une charpente, tanique, profonde, taillée pour la garde et taillée pour le plat de fête.
En hiver, et plus encore lors d’un repas de Noël à Bordeaux, les vins servis trop chauds (au-dessus de 20°C) saturent, écrasent les nuances, accentuent l’alcool, et fatiguent le palais dès le deuxième verre. Trop frais (sous 15°C), le vin se referme, durcit, masque son fruit et vous laisse une amertume et une astringence en bouche. Trouver le "bon degré", c’est donc révéler le travail du vigneron, équilibrer volupté, profondeur, et élégance.
Les professionnels s’y accordent : pour un Bordeaux rouge corsé, la bonne température, c’est 16 à 18°C (source : CIVB – Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, bordeaux.com). Mais ce chiffre, aussi précis soit-il, se module selon le contexte, le millésime, l’accompagnement et même le chauffage d’une salle à manger.