Aller plus loin : à qui s’adresse cette nuance ?
Servir Cahors ou Bordeaux à la bonne température n’est pas une lubie de sommelière tatillonne. C’est, très concrètement, la différence entre un vin qui s’exprime sur le fruit noir confit, le cuir, la violette, ou un vin qui parait mou ou agressif alors qu’il ne l’est pas au fond. Les restaurateurs avertis, les amateurs curieux, mais aussi les collectionneurs qui sortent une bouteille historique après 20 ans de cave, tous gagnent à s’approprier cette culture du « bon degré ».
Les chiffres donnés par des maisons comme le CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) ou l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors affichent aujourd’hui une fenêtre commune de 16-18°C pour les rouges matures ; le Bordelais penche vers 17°C pour la finesse, quand Cahors vise 18°C pour envelopper la structure (source : Fiche technique CIVB, Union Vins de Cahors).
À titre de repère : une étude menée à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de Bordeaux a démontré qu’un vin rouge complexe servi à 21°C perd 15 à 25% de sa palette aromatique volatile comparé au même échantillon servi à 17°C – le vin souffre donc bien d’un service trop chaud.