À retenir : deux cépages, deux approches, des seuils proches mais des nuances capitales
Servir un Chenin de Vouvray vieilli un brin plus chaud – entre 12 et 14 °C, voire 15 °C pour les plus doux – que la plupart des Chardonnay de Bourgogne de même âge, c’est rendre justice à sa profondeur miellée, ses notes de cire, d’épices, de foin et de fruits confits. Les Grands Chardonnay, eux, trouvent leur apogée aromatique entre 12 et 14 °C selon leur terroir, leur élevage et leur âge, avec le danger d’une perte de tension et d’alcool si la température monte trop haut.
En cave, lors de dégustations verticales, il n’est pas rare de voir un Vouvray 1989 surpasser en intensité aromatique un Meursault 1995, uniquement par sa température de service relâchée (source : dégustation verticale organisée par la RVF, 2020).
Le vrai conseil : jouer sur la plage 12–14 °C en adaptant selon le profil du vin, en restant vigilant à l’évolution du vin dans le verre… Au bout de quelques minutes, il sera à son zénith, et ce degré de différence s’entend comme un diapason, révélant la partition de chaque grand blanc.
Comme souvent dans le vin, la perfection frôle le fil du rasoir… ou du thermomètre.