Le Meursault mature : biologie et style
Avant d’attaquer le cœur du sujet, il faut s’accorder sur ce que l’on attend d’un « vieux Meursault ». Dans la littérature spécialisée (citons Jasper Morris, Inside Burgundy), un Meursault commence à exprimer pleinement son potentiel aromatique au bout de 8 à 10 ans, et certains crus tiennent bien 20 ans, parfois davantage. Le chardonnay élevé sur lies fines et en fût gagne alors en texture, complexité, notes de fruits secs, de noisette, de cire, parfois de truffe. Le boisé s’intègre, la tension s’assouplit.
Boire un tel vin trop frais, c’est enfermer cette complexité sous une chape de froid : l’aromatique s’estompe, l’acidité prend le dessus, la matière est raide. Le servir trop chaud, et c’est l’alcool, l’oxydation ou la lourdeur qui prennent le pas, étouffant la fraîcheur des agrumes confits ou l’élégance de la minéralité.